Retraites : des lendemains qui déchantent !
Ils étaient des milliers à défiler jeudi dernier dans les villes de France pour dénoncer leur perte d’autonomie et de pouvoir d’achat. Une réforme de la dépendance absente du Projet de Loi de Finances de la Sécurité sociale pour 2012 et à nouveau différée, à l’année prochaine. Un ultime report qui a mis le feu aux poudres…*
Leur revendication est simple : que le gouvernement se penche, sans tarder, sur la prise en charge des personnes en perte d’autonomie, quel que soient l’âge et le handicap. Promise en 2007 par Nicolas Sarkozy, elle devait améliorer la qualité de la prise en charge des personnes âgées et en alléger le coût. A l’ouest, rien de nouveau, si ce n’est un nouveau report… à 2012.
1070 euros de pension par mois
"Depuis cinq ans, le gouvernement promet de s'attaquer au problème de la perte d'autonomie, or rien n'est fait. On a bien compris que ce serait reporté après la présidentielle, or il est urgent d'agir", a prévenu Jean-Paul Tripogney, secrétaire général de l'Unsa-retraités. Car, et les syndicats le soulignent, aux dépenses courantes s’ajoutent celles liées à l’augmentation des complémentaires santés, dont le coût augmente avec l’âge. Des contraintes financières trop lourdes pour des retraités dont les pensions sont de plus en plus minces. Actuellement, sur 15 millions de retraités, 1,5 million vivent avec moins de 1 070 euros de pension par mois.
La complexe question de la pénibilité
Egalement contestée, la prise en compte de la pénibilité dans le départ à la retraite. Depuis l’entrée en vigueur de la réforme, le 1er juillet, à peine plus d’un millier de salariés ont déposé une demande de départ en retraite anticipée pour pénibilité, selon la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV). Les syndicats dénoncent la complexité des conditions requises pour en bénéficier, la preuve d’exposition à un facteur de risque professionnel, déterminante pour évaluer le degré d’incapacité du salarié, est délicate. Enfin, et parce qu’ils craignent pour leur pouvoir d’achat, les seniors réclament une revalorisation de leurs pensions au dessus du SMIC, ainsi qu’une indexation basée sur l’augmentation des salaires et non sur les prix.
La réforme des retraites a introduit le recul progressif d’âge de départ de 60 à 62 ans d’ici 2018 et de 65 à 67 d’ici 2023 pour l’âge de l’annulation de la décote. Les générations nées à partir de 1955 devront, en outre cotiser 41,5 ans pour la retraite à taux plein. Les socialistes ont soutenu les manifestants, tout en reconnaissant qu’une augmentation de la durée des cotisations sera nécessaire compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie.
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