Allongement de cotisation pour une retraite à taux plein

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Le Conseil d'Orientation des retraites (COR)vient de rendre son avis quant à la durée de cotisation des retraites : il préconise un allongement de cette dernière. Le Gouvernement, sur cette orientation, ne perd pas de temps et souhaite rapidement voter un décret en ce sens.

« Pour la génération née en 1955 qui aura 60 ans en 2015, l'application de la règle définie par la loi de 2003 (NDLR – loi Fillon) conduit à une durée d'assurance de 166 trimestres pour une retraite à taux plein ».

Le COR propose, le Gouvernement dispose. La préconisation de ce conseil fait écho aux dispositions que souhaite prendre depuis le début le Gouvernement s'agissant des cotisations retraite. Dans le cadre de la réforme des retraites votée en 2010, l'Etat avait en effet déjà annoncé sa volonté de porter la durée de cotisation 166 trimestres - soit 41,5 ans... mais seulement à l'horizon 2020 et pour les générations à partir de 1958. Un calendrier qui va être bousculé car le Gouvernement entend, d'ici quelques semaines, valider par décret cet allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans. 

L'espérance de vie en cause

Aujourd'hui, le cadre de la retraite post réforme indique que pour bénéficier d'une retraite à taux plein, il faut avoir cotiser 40 ans et trois trimestres pour la génération de 1951. Toujours selon la fameuse réforme votée l'an passée, cette durée de cotisation doit être portée à 41 ans l'année prochaine pour la génération suivante, c'est à dire celle de 1952. Mais le ministre du Travail Xavier Bertrand veut aller vite, « J'aurai à prendre un décret rapidement, dans les semaines qui viennent », a-t-il déclaré. Face à cet empressement, opposition et syndicats ne cachent pas leur colère.

Si le COR estime qu'une telle décision se justifie, en vertu des règles définies par la loi Fillon de 2003, par une espérance de vie tout juste revue à la hausse, les syndicats y voient un acte « prématuré ». Ils condamnent par ailleurs la concomitance de ces dispositions : le recul de l'âge légal de départ à la retraite, prenant effet le 1er juillet de cette année et cet allongement de la durée de cotisation qui devrait être sous peu entériné, sont pour les syndicats comme une « double peine » pour les salariés.