Les agences immobilières exagèrent !

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Afin d'appuyer la portée de ses investigations s'agissant du locatif dans le privé, UFC-Que Choisir juge nécessaire de rappeler en préambule de son enquête que le logement demeure à ce jour la préoccupation principale des Français. En effet, en 2009 pas moins de 22% de leurs revenus étaient consacrés au logement. Et, il est bon de le préciser, 42 % des Français sont locataires avec la répartition suivante : 24% dans le parc privé et 18% dans le social. Cela fait de notre Hexagone, l'un des pays européens champion de la location.

Que de litiges !

Les premières observations des agences locales d'UFC ont eu de quoi lui mettre la  puce à l'oreille. Sur les 72 000 litiges qui ont été traités par UFC-Que Choisir en 2010, 19% concernaient la question du logement ! Une préoccupation grandissante puisque, comme le souligne l'association, le volume des affaires transmises à UFC et relatives au logement ont augmenté de 18% entre 2007 et 2010. Et ces problèmes identifiés portent majoritairement sur la location...une fois le locataire installé ! « Les litiges relatifs aux modalités d’entrée en location sont en nombre réduits car, à cette étape, le locataire, en position de faiblesse, n’est pas à même de faire valoir ses droits. En effet, à l’entrée en location -redoutant de ne pas se voir proposer le logement- le locataire ne se sent pas en capacité de refuser de communiquer des documents qu’on lui réclame indument ou de demander l’enregistrement des précisions sur l’état des lieux d’entrée », explique l'UFC. Et d'ajouter, « Cette situation de déséquilibre aboutit alors bien souvent à des litiges à la sortie. L’expérience montre que l’absence d’état des lieux à l’entrée ou qu’un état des lieux bâclé, constituent un litige en puissance à la fin du bail.

Des pratiques « peu louables »

Autant de raisons qui ont motivé l'enquête d'UFC-Que Choisir sur les pratiques des professionnels. Pour ce faire, l'association a visité 1056 agences immobilières avec un synopsis en béton : « Une personne aide un membre de sa famille dans sa recherche d’un appartement à louer. L’appartement recherché est composé de 2 pièces pour une surface d’environ 40 m². Le candidat locataire présente un dossier correct. Ses revenus couvrent trois fois le montant du loyer exigé mais il n’a pas de garant. »

Des zones d'ombre

Et les conclusions d'UFC-Que Choisir sont sans appel : elle dénonce tout d'abord un manque de transparence et  d'informations notamment en matière de performances énergétiques du logement, dont l'affichage est pourtant obligatoire depuis le 1er janvier 2011. Plus d'une agence sur cinq ne met pas l'étiquette du DPE sur chaque logement. Même refrain pour les honoraires, souvent invisibles (21 % des agences) bien que leur mention soit obligatoire depuis plus de vingt ans. Mais là où le bât blesse, c'est concernant la constitution du dossier par le locataire. UFC-Que Choisir dénonce « la quête excessive de garanties de la part des agences pour le seul compte du bailleur », 62% des agences consultées demandent au moins un document interdit pour établir ce dossier ! Avec, en tête de cette liste noire des documents que l'on ne peut exiger du locataire, l'attestation de l'employeur (46%), l'attestation du précèdent bailleur (10%), une photographie d'identité en plus de la pièce qui la fournit déjà (10%), une autorisation de prélèvement automatique ou encore un chèque de réservation de logement...

Trop de garanties exigées et un service limité

Il en est de même pour les garanties demandées. L'association a constaté que bien que le locataire gagne suffisamment (3 fois le montant du loyer), une fois sur trois, cette garantie n'est pas jugée suffisante par les agences immobilières qui souhaitent la présence d'un garant.

En contrepartie, le locataire ne bénéficie pas d'un service cinq étoiles : avant la location, le logement lui est décrit dans 52% de façon sommaire, pas de photos, ni détails...les honoraires  quant à eux n'ont aucune cohérence, ils demeurent toujours élevés (un mois de loyer hors charge en moyenne) pour un service plus que limité...et grimpent au rythme des prix de l'immobilier ! Enfin, la rédaction du bail à charge pour moitié au locataire et au bailleur, affiche des coûts très inégaux : de 100 à 500 euros selon les agences, alors que ce process est standardisé et ne requiert pas de frais supplémentaires.

UFC-Que Choisir demande un meilleur encadrement

Pour clore cette enquête, UFC-Que Choisir appelle le législateur à prendre position afin de mieux encadrer les pratiques locatives : la mise en place d'un plafonnement d'honoraires pour la rédaction du bail, une meilleure information concernant les états des lieux, le placement du dépôt de garantie à la Caisse des dépôts et consignations afin de faire jouer les intérêts au profit de la solidarité nationale pour le logement.

Des demandes fort louables... A bon entendeur.

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