Le yo-yo des logements neufs
Les logements neufs affichent des ventes en chute libre depuis le début de l'année. Après un dernier trimestre 2010 sur les chapeaux de roue, la tendance s'inverse, en raison, entre autres, d'un dispositif Scellier moins avantageux.
Les promoteurs immobiliers ont de quoi avoir le vertige. La Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers (FNPI) vient en effet d'annoncer que les ventes des logements neufs ont connu, au cours de ce premier trimestre 2011, une baisse de -24% par rapport au même trimestre en 2010. Un coup de frein qui coupe le souffle aux promoteurs : la barre des 100 000 logements neufs vendus ne devrait pas être franchie cette année. Ils en attendaient au moins 110 000. Et les années 2009 et 2010 auront été de meilleurs crus avec des ventes respectives de 106 000 et 115 000 logements neufs. La construction est donc touchée de plein fouet. Et pour une fois, Paris et sa couronne ne dérogent pas à la règle, et cela montre bien l'ampleur du phénomène. Ainsi, l'Ile-de-France enregistre-t-elle un plongeon de -16% de logements neufs, mais on est loin de la chute libre dont sont victimes Lyon (-48%), l'Auvergne (-44%) ou encore Toulouse ( -30%) et Lille (-25%).
Un contexte peu favorable
A l'heure où les pronostics vont bon train quant au possible éclatement d'une possible bulle immobilière, difficile de savoir s'il s'agit là « d'un trou d'air ou d'une tendance qui se poursuivre » comme le précise à l'AFP, Marc Pigeon, Président de la FNPI. Toutefois, des éléments tangibles permettent d'étayer l'hypothèse suivante : les logements neufs seraient victimes, entre autres, d'un contexte fiscal peu favorable. On se souvient qu'au dernier trimestre 2010, les promoteurs immobiliers avaient vu leurs ventes s'envoler, une impulsion justifiée par la baisse, à compter de 2011, des réductions d'impôts accordées au titre du dispositif Scellier (passant de 25% à 22% pour les logements BBC et de 15 à 13% pour les logements non BBC). Aujourd'hui, les taux moins attractifs du Scellier rendent les investisseurs plus frileux, mais là n'est pas la seule raison.
Depuis quelques mois, les taux d'intérêt ne cessent de grimper, le prêt à taux zéro plus met du temps à s'imposer, même s'il a déjà séduit plus de 100 000 primo-accédants depuis le début de l'année, et surtout, le marché de l'immobilier est particulièrement tendu. Peu d'offres, une demande toujours aussi forte et des prix qui flirtent avec l'indécence. Les promoteurs, eux, veulent y croire, et misent beaucoup sur la réforme de l'urbanisme proposée par le Gouvernement, qui pourrait offrir un second souffle aux ventes de logements neufs.
Sur le même sujet...
- 25 oct. 2011
- 18 juill. 2011
- 13 juill. 2011
- 9 juin 2011
- 31 mai 2011



