Immobilier : une reprise lente, mais certaine

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La polémique bat son plein entre les mastodontes de l'immobilier. Qu'il s'agisse d'évoquer la reprise ou non du marché, de la baisse ou de la hausse des prix dans le neuf et dans l'ancien, ils ne parviennent pas à accorder leurs violons. Les uns annoncent à grand renfort de tambours une nette hausse des prix dans l'ancien et un réel bond des transactions, tandis que d'autres peignent un tableau plus sombre de la situation rimant selon eux avec le mot récession. Dans cette cacophonie des chiffres et des tendances, le Secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu souhaite la mise en place de certaines dispositions dès la rentrée, ce, afin de remettre de l'ordre dans les statistiques relatives au marché de l'immobilier.

Dans ce crêpage de chignons, Le Crédit Logement avec l'Institut CSA vient coiffer au poteau les folles rumeurs. Il vient en effet de publier  « L'Observatoire du financement des Marchés Résidentiels », il s'agit  d'une étude fine et détaillée portant sur le marché de l'immobilier pour le second trimestre 2010 et qui permet de bien mesurer les tendances et les évolutions de ce secteur.

Des propriétaires aisés

Tout d'abord, les acquisitions d'un logement, neuf ou ancien, repartent. Si la part des ouvriers et employés progresse dans l'acquisition d'une habitation neuve, dans l'ancien, c'est le retour des cadres et des professions libérales qui passent de 48,3 % en 2009 à 49,3% cette année et l'on notera en corollaire le vieillissement de la population des acquéreurs qui ont aujourd'hui, pour moitié tout de même, plus de 35 ans. Si l'on remarque un léger sursaut des transactions, on ne peut toujours pas parler de réveil. Et ce, en grande partie à cause des prix encore très élevés des biens dans l'ancien, ces derniers ont en effet augmenté de 140 % depuis 1990.

Des taux particulièrement bas

Les taux d'intérêts ont quant à eux afficher une baisse spectaculaire, rapide et sans précèdent flirtant avec un moyenne de 3,45 % hors assurance pour ce second trimestre 2010, du jamais vu ! Ils ont perdu 170 points de base depuis novembre 2008. Toutefois, leur durée, elle, se stabilise enfin à deux cent onze mois. Si l'apport personnel moyen, le montant moyen emprunté et le coût moyen de l'opération augmentent significativement pour cette période, le revenu moyen de l'acquéreur baisse et de plus en plus de futurs propriétaires ont recours à l'endettement (+6,8 % en un an) pour financer leur bien.

Cette analyse du Crédit Logement de l'Institut CSA met en lumière une reprise du marché qui s'est amorcée au printemps 2009 et devrait selon l'étude se consolider en 2010, mais pour parler de véritable reprise, il faut que le marché de la revente, comprenez le niveau de l'apport personnel, regagne nettement du terrain.