L'épargne ne connaît pas la crise

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L’Institut national des statistiques et études économiques (Insee) parle d’un taux d’épargne record en France, jamais égalé depuis deux ans. La Cour des comptes ne tarit pas d’éloges sur les prouesses du Livret A. Sur fond de crise économique mondiale, le gouvernement, en pleine présentation de son budget 2012, se veut optimiste et juge cette hausse temporaire. Le repli financier est néanmoins réel et la prudence semble de mise.

Nouvelle illustration des vases communicants, le bas de laine des Français se remplit tandis que la consommation ralentit. Les comptes nationaux trimestriels de l’Insee font état, pour le deuxième trimestre 2011, d’un bond de 1,1 point du taux d’épargne des ménages pour atteindre les 17 % : un record depuis fin 2009. Par ailleurs, le Livret A, valeur refuge des Français, affiche une santé insolente. Défiscalisé et sans risque, son taux de rendement, passé de 1,25 à 2,25 % en un an, draine un résultat en forte croissance qui, s’il se maintenait, pourrait cette année atteindre, voire dépasser le record de 16,55 milliards d’euros collectés en 2009.

L'épargne comme sécurité

Une hausse clairement conjoncturelle pour Eric Heyer, de l’Observatoire Français des Conjonctures économiques (OFCE) pour qui les inquiétudes liées aux revenus, à commencer par le chômage, sont les premières responsables de ce mouvement. La crise, qui s’inscrit dans la durée, génère un repli financier que, ni l’augmentation du revenu disponible brut (le fameux pouvoir d’achat en hausse de 0,6 % au deuxième trimestre), ni les mesures de redressement annoncées par le gouvernement, ne semblent freiner. Les Français jouent la carte de la prudence et l’épargne, dite de précaution, prend le dessus au détriment de notre consommation et, avec elle, de la relance de notre économie.

Pour autant, certains économistes préfèrent voir le bon côté des choses et rappellent, à juste titre, « qu’une épargne élevée permet de limiter notre endettement vis-à-vis de l’étranger pour maintenir nos investissements ». Une donnée effectivement non négligeable dans le contexte actuel.