Une bonne surprise attend 46 millions de Français en 2008. Le taux du livret A, qui doit être révisé comme chaque année le 1er février, devrait atteindre 3,50 % et pourrait même être porté à 3,75 %. Les épargnants qui détiennent un livret A profiteront, du moins à ce titre, de la hausse conjuguée de l’inflation et des taux d’intérêt à court terme. Le livret bleu (distribué par le Crédit mutuel), le livret de développement durable (ex-Codevi) et le livret d’épargne populaire connaîtront des hausses de taux similaires.
Le nouveau taux sera annoncé mi-janvier par le gouvernement, qui se contentera d’appliquer les règles établies en 2004. Pour mettre fin au psychodrame politique qui se jouait régulièrement lors de la remise à jour du taux de ce livret particulièrement populaire, un système de calcul automatique a été instauré. Il est réalisé deux fois par an et prend en compte la moyenne de l’inflation hors tabac sur douze mois et de l’Euribor à trois mois, majorée de 0,25 point.
Aucune dérogation à ce calcul n’est admise sauf si le nouveau taux ne permet pas de «préserver le pouvoir d’achat des épargnants». Ce qui est loin d’être le cas. La rémunération du livret A qui est de 3 % aujourd’hui devrait donc augmenter de 0,50 point en février, voire de 0,75 si les taux d’intérêt se tendent ou si l’inflation persiste.
Le livret A, créé en 1818, a connu d’amples variations depuis son lancement. Le point bas a été atteint le 1er août 2005, avec une rémunération de 2 %. Et il faut remonter à plus de dix ans, en 1996, pour retrouver une rémunération aussi élevée que celle qui attend les épargnants français en 2008. À 3,50 %, le livret A est promis à un vif succès l’an prochain, surtout si les marchés boursiers restent aussi chahutés qu’ils le sont en ce moment.